Bienvenue !

Interviews

Les interviews de Philippe Manoeuvre !

Interview de juillet 2012

Interview de Juillet du Phil'man 


Vous avez écrit en deux tomes votre livre « La discothèque idéale ». Ca fait 200 disques. Vous fixez la limite à combien ?

Ah c’est dur d’imaginer une limite. Moi j’ai 5 000 disques auxquels je tiens profondément.

J’ai essayé de m’en débarrasser une première fois, pour faire du vide. Et puis je les ai tous rachetés. En vinyle, évidemment.

Vous avez un préféré ?

Non, mais quand je vais aux puces, ou quand j’en parle à mon disquaire, ils évoquent tous « Atom Heart Mother », le Pink Floyd avec la vache, ça doit être le plus vendu en vinyle…

C’est si bien le vinyle ?

C’est le média parfait, l’objet idéal. L’ADN de notre musique est dans le vinyle.

Chaque disque nous raconte une histoire, c’est une culture. 

Vous pouvez acheter les nouveautés en vinyle 180 grammes, mais vous pouvez aussi courir les vide-greniers et acheter des chefs-d’œuvre à 2 ou 3 euros…

Vous êtes rédacteur en chef de Rock n’Folk depuis 1990. Ca marche bien ?

Pas trop mal ! On reste les leaders sur notre marché, même si ces derniers mois, on a vu arriver beaucoup de concurrents, notamment un journal anglais très réputé. 

Mais on est là depuis 1966. Historiquement, on est le premier journal rock, au niveau mondial. On continue à avancer…

Votre site n’est pas très développé, vous ne croyez pas à internet ?

Le problème, c’est que si l’on fait un beau site, on va perdre la moitié de nos lecteurs. 

On ne gagne pas notre vie avec des pages cliquées. 

J’ai un patron, et il me demande le nombre de journaux vendus, pas le volume des clics.

Personne n’a réussi à valoriser ce genre de site. J’ai un budget à respecter, un contrat qui me laisse une liberté totale pour faire le journal que je veux. 

Par contre, il me faut des résultats, au niveau des ventes. Pour l’instant, ça va…

Vous êtes resté un généraliste du rock, alors qu’internet est un monde très spécialisé…

Oui, on est des fans de musique avant tout. On aime les disques. Et en ce moment c’est carrément génial, le rock revient en force…

Il y a eu une période où l’on pouvait penser que c’en était fini pour le rock…

Oui, de 1994 à 2001, on a eu sept ans d’électronique. Entre le suicide de Kurt Cobain et l’arrivée des Strokes, la techno avait pris tout l’espace.

Vous vous êtes senti fossilisé ?

Pas du tout. J’avais la chance d’avoir à mes côtés de gens comme Eric Dahan ou Alexis Bernier qui connaissaient bien cette musique. Et puis quand on a aimé Kraftwerk en 1974, on ne peut qu’aimer l’électro…

Qu’est ce que vous retenez de ces 40 ans de journalisme rock ?

On a dû faire un bon boulot, je pense. Les gens se souviennent de nous. Quand Pink Floyd est venu jouer au Parc des Sceaux, ils ont décidé de donner trois interviews pour la France. 

Quand ils ont vu que l’on était pas sur la liste soumise par leur maison de disque, ils ont dit : Rock n’Folk était là en 1967, si le journal existe toujours, on veut les rencontrer… Et ils ont même acheté deux pages de pub, sur leurs deniers personnels…

Vous avez écrit un agenda rock pour les lycéens. Il y a eu une époque où le rocker de la classe n’était pas le meilleur élève…

Aujourd’hui, je crois que c’est possible. Tout a changé. Si un éditeur comme Quo Vadis vient me voir pour me demander de concocter un agenda rock, c’est un signe. Je suis allé voir Amon Düüll récemment, un vieux groupe allemand des années 60/70. Ils jouaient à Paris à minuit. Eh bien, c’était plein de gamins, je n’en revenais pas. Parce que cette musique continue à séduire. 

On est dans un monde politiquement correct et voilà enfin quelque chose qui ne l’est pas. « Never mind the bollocks ! » comme disait l’autre !

Vos copains les Rolling Stones, est-ce qu’ils vont repartir en tournée ?

Ca hésite. Le camp Stones est très partagé. Mick Jagger n’a toujours pas digéré le livre de Keith Richards.

Tout le monde espère qu’il y aura quelque chose en 2013, mais rien n’est réservé, il n’y a même pas de producteur désigné. 

La dernière rumeur, ce serait qu’ils jouent dans six grandes villes mondiales, en restant plusieurs semaines à chaque fois…

Johnny, vous l’avez vu ?

Oui, et j’ai adoré, c’était parfait. C’est son show le plus rock. Musicalement, c’est sensationnel. Il a rafraîchi son équipe, rafraîchi son répertoire, et on sent qu’il s’éclate beaucoup plus comme ça.

Source : Le Progrès

Interviews Phil is the Man by Vianney

Phil is the Man Interview
61jge5eim3l-ss500.jpg
Je vous propose une récente et sympathique interview de Philippe Manoeuvre à voir sur :
 
 
[L'interview est en 2 parties]

Un grand Merci à Vianney de nous faire partager ça !

Interview Fnac du 19 novembre

Une vidéo de Philippe Manoeuvre et Jean Pierre Dionnet a été mis en ligne à l'occasion de la rencontre/dédicace qui était prévu le 19 novembre 2011 à la Fnac des Ternes à Paris :

http://www.fnac.com/Philippe-Manoeuvre-et-Jean-Pierre-Dionnet-a-l-occasion-de-la-sortie-en-DVD-de-Sex-Machine/cp13607/w-4#bl=HGACEV2



Interview - Rencontre de Novembre 2011

Voici une interview récente de Philippe Manoeuvre :

Est-ce parce qu'il y avait une demande que vous avez rempilé pour un deuxième tome ?

 >> Le tome 1, c'était le produit de sept années de recherche. Tous les mois dans Rock & Folk, on mettait l'accent sur un disque. Au bout d'un certain temps, Albin Michel insiste et me dit que ça ferait un bouquin formidable. On l'a donc sorti et c'est devenu un best seller (plus de 50 000 exemplaires vendus, ndlr). À l'époque, j'étais peu médiatisé - c'était avant Nouvelle Star - et j'ai juste parlé trois minutes sur France 3 à midi.

Après, je suis parti faire le tour des Fnac. Beaucoup de gens m'envoyaient des mails pour réagir. Et en janvier dernier, l'éditeur est revenu vers moi en me disant : « On ne peut pas faire Noël sans vous ».

Pourquoi « Ziggy Stardust » de Bowie n'était-il pas présent dans le premier ?
>> Parce que j'avais mis Pin Ups. C'est là où il invente la nostalgie, cette notion de tribute. En 1973, il dit en quelque sorte : « C'était mieux il y a cinq ans ». Après, c'est devenu la norme du rock.

Vous a-t-on reproché d'autres oublis ?
>> Il y avait une bagarre au bureau de Rock & Folk à cause des Kinks. U2 n'était pas dans le premier mais c'était un peu sarcastique. U2 est dans un rôle pas facile, un peu le même que Coldplay aujourd'hui. Ce sont les plus gros vendeurs dans un mouvement de rebelles.

Sur quels critères vous êtes-vous basé ?
>> Je le compose comme un cuisinier, comme un barman qui compose son cocktail. Je mets un certain nombre de disques que les gens trouveront indispensables et les autres autour ce sont mes pistes que je leur donne : Syd Barret, Gene Clark... Tout le monde ne les connaît pas ou plus. Basement 5, c'est un disque incroyable qui invente le métal, le dub, le reggae-punk.

À chaque fois, vous revenez sur la genèse du disque, le contexte de l'époque...
>> Je suis comme les templiers gardant Jérusalem. Je reste seul dans le fort, là-haut avec mon arc et mes flèches (rires). Je me dis que les gens n'ont pas besoin de mes impressions. Chaque enregistrement a son histoire. Ce sont des aventures créatives, ce sont des jeunes mecs au sang bouillonnant.

Votre démarche est-elle une sorte de devoir de mémoire du rock ?
>> Exactement. Si on fait le bilan, qui s'est le plus marré ? Ce sont les rockeurs. Ils font le tour du monde, les filles leur courent après.

Et vous, vous êtes-vous amusé ?
>> J'ai vécu quelque chose de formidable. Quand vous arrivez à 22 ans à Rock & Folk et que votre première interview c'est Johnny Winter ou que vous accompagnez les Clash sur la tournée London Calling, il y a de quoi se pincer.

Le livre s'ouvre sur Dylan (« The Freewheelin » en 1963). Est-il encore dans le coup ?
>> A Bercy, il n'était pas du tout en voix. Après, il y a encore des éclairs. On l'aime profondément, c'est notre barde. Dylan a greffé un cerveau sur un corps fou qui courait partout comme le monstre de Frankenstein. Le premier volume commençait avec Elvis Presley, celui-ci avec Dylan. Cela semble une évidence.

« Jerry Lewis at the Star Club » est-il le plus grand disque en public de tous les temps ?
>> Beaucoup de gens le considèrent comme tel. C'est comme si un camion de 30 tonnes rentrait chez vous. En tout cas, c'est un témoignage sur les amphétamines (rires).

Jimi Hendrix, le premier à réussir la fusion entre le blues, le psychédélisme et le funk ?
>> La sortie du 45 tours Hey Joe est un séisme. Et pas parce que Johnny Hallyday va en faire une version française (rires). Après ça, tous les guitaristes se sont acheté une pédale wah-wah. Hendrix, c'est un mec qui écoutait la guitare, il la laissait partir presque tout seul. C'était un showman.

Aretha Franklin avait-elle une descendante avec Amy Winehouse ?
>> Aretha, c'est un château unique. Il a fallu attendre longtemps pour revoir une chanteuse de ce calibre. C'est la grande voix du XXe siècle. Amy, c'était peut-être la suivante.
Mais ce sont des gamins carbonisés, le club des 27. Personne ne pouvait rien pour elle.

« Abbey Road » des Beatles, presque une obligation ?
>> Patrick Eudeline m'a engueulé lors du premier volume parce que j'avais mis l'album blanc. Cet album, c'est le sursaut créatif. Un chef-d'oeuvre, le dernier de l'aventure. Il y a le final avec les trois solos de guitare : Paul, Georges, John. Ce sont les adieux.

Pourquoi des réserves sur Queen ?
>> Les gens disent que les critiques rock n'aiment pas Queen. Donc j'ai ouvert le dossier. Et quand on regarde, ce n'est pas terrible. C'est le seul groupe qui a été joué pour l'Apartheid. C'est aussi un rock assez pompier.

Que vous inspire le rock aujourd'hui ?
>> Il y a des mecs qui ne nous laisseront pas tomber : Thom Yorke (Radiohead, ndlr), Alex Turner (Arctic Monkeys, ndlr), Jack White (The White Stripes, ndlr), Peter Doherty. Il reste aussi quelques grands anciens comme Paul McCartney. D'ailleurs, tout le monde veut aller le voir le 30 novembre à Bercy. Le rock ne va pas mal du tout mais la société, elle, n'est pas très en forme. Ce n'est donc plus le même monde.

« Sex Machine », émission que vous animiez, sort dans les bacs. De bons souvenirs ?
>> Une aventure rock'n'roll avec Jean-Pierre Dionnet. De 83 à 85, c'était un succès colossal. Après, soyons modestes, c'est une époque où il y avait seulement trois chaînes en France. Mais on est arrivés avec un truc très gonflé, presque perspicace (rires).w « La discothèque rock idéale : tome 2 ». 

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY  - http://www.nordeclair.fr/

P.M chez Ardisson

Une Interview de Philippe du 8 octobre 2011dans l'émission "Salut les Terriens"

Rock en Seine à la Manoeuvre !

Philippe Manœuvre à Rock en Seine, quoi de plus normal ?


Voici une courte interview de Fifi à Rock en Seine >>>>>>>>> http://www.melty.fr/rock-en-seine-2011-philippe-manoeuvre-et-actu69672.html

 

 

 

Phil'man à Rock En Seine

Philippe Manoeuvre, a man in black

Une clope à la main, une bouteille d'eau dans l'autre et les lunettes noires de rigueur, Monsieur Rock a fait de son corps une marque vivante, un logo, à l'instar d'un Ardisson ou d'un Lagerfeld. Mais pas seulement : impossible de passer à côté de cette voix nasillarde, et au Franglais caractéristique, sans reconnaître le bonhomme... L'occasion d'une interview sur le fil, juste avant le passage des BB Brunes sur scène.

Ph Manoeuvre2

BB Brunes, les baby rockers...
C'est fini tout ça ?

Fin de l'histoire, ouais ! Mais c'est normal...  A chaque nouvelle scène sa polémique, avec l'éternelle rengaine : les vieux contre les jeunes. Nous, on a l'habitude à Rock & Folk. C'était la même chose avec le punk... Voyez, je suis tout en cuir. Ma peau a appris à endurer ! (Rires) En tout cas, je suis fier d'avoir été là au 2ème concert des BB Brunes, au Gibus, quand maintenant ils vendent plus de 350 000 albums.

Vous êtes ici pour des concerts particuliers ?
La rédaction vient vérifier les dires des attachées de presse dithyrambiques... (Rires) Jim Jones Revue, Wu Lyf... Cage the Elephant ! Voilà d'ailleurs un jeune groupe américain qui passe enfin à la radio. Après la mort des Mötley Crüe, des Guns ou du Velvet, on se dit que leur nation a encore de beaux restes.

Vous aviez appris le décès de Kurt Cobain dans l'avion. Et celui d'Amy Winehouse ?
Ca a été très vite ! Une télévision m'a appelé ce fameux samedi après-midi. J'ai été tout de suite vérifier l'info sur Internet : c'était vrai ! Je suis passé en direct à 17h. La pauvre n'a eu le droit qu'à un seul jour de gloire. Dès le lendemain, tout le monde reparlait de DSK... C'est la dure loi de nos nouveaux moyens d'information.

Vous voilà devenu monsieur « nécrologies » !
Oui, c'est vrai... (Rires) D'un autre côté, je suis là depuis 40 ans ! Le public a besoin de référents, de témoins. Mais de toute façon, que dire ? Que dire sur ces artistes qui vendent des millions d'albums à 20-23 ans... Difficile de rester sociable après ça ! La drogue et tout le tralala qui s'en suit... Comment voulez-vous que les mecs arrêtent ? Fuck, quoi.


http://rockcover.over-blog.com/article-philippe-manoeuvre-a-man-in-black-82652489.html 


Interview Corse-Matin 2

L'interview dans Corse-Matin :

Dans une société aussi codifiée que la nôtre, traverser hors des passages cloutés s'apparente à un luxe, et le rock reste le plus sûr moyen d'y parvenir. Avant d'être une star du PAF par sa simple présence charismatique au jury de la Nouvelle Star, Philippe Manœuvre a su incarner un rock à la française, notamment grâce à l'émission Les Enfants du Rock et depuis déjà 18 ans au titre de rédacteur en chef du magazine Rock&Folk.

À 57 ans, Phil Man « trace sa route », fourmille d'idées, d'envies, de projets… et n'est pas prêt de raccrocher ses lunettes noires. Et court partout comme un adolescent. Avant une rentrée chargée, il s'est accordé une pause estivale à Ajaccio chez son amie Valérie Santarelli, avec laquelle il a travaillé durant dix ans à la télé… Entre soirées de franches rigolades empreintes de ritournelles, des parties de plages ensoleillées, Philippe Manœuvre s'offre un entracte à la boutique Empires pour une rencontre électrique.

Un DVD, un livre, des concerts… Votre actualité de la rentrée est plutôt chargée…

Je trace ma route. Il faut s'organiser mentalement pour avoir des choses à faire, ne pas attendre chez soi devant un téléphone qui risque de ne plus jamais sonner. J'ai décidé de vivre ma vie selon la morale des Rolling Stones : « Ni remords ni regrets ». Il faut continuer à aller de l'avant.

En renouant s'il le faut avec le passé ?

Si vous parlez des Enfants du Rock, alors oui. Cette émission est quelque part mythique. Elle a laissé une trace. Tous les jours, des gens m'arrêtent dans la rue pour me parler de ce programme. Il faut que les gens sachent que ce n'est pas nous qui avons voulu arrêter en 1988. Mais bel et bien la chaîne. La musique a beaucoup souffert de cet arrêt et force est de reconnaître que depuis, il ne s'est pas passé grand-chose. Nous aurions pu aider tant d'artistes si elle avait pu continuer…

D'où l'idée de sortir un Dvd ?

C'est Sony qui nous a contactés Jean-Pierre Dionnet et moi-même afin de rééditer une série d'émissions dans le cadre des Enfants du Rock. Au départ, j'ai été quelque peu réticent. C'était bizarre de me revoir 25 ans après. Le plus choquant, c'était de me revoir dans certaines tenues. Et puis, en visionnant de plus près des dizaines d'heures cet hiver, j'ai trouvé ça mieux que dans certains de mes souvenirs. Au final, ce que nous avons fait entre 1982 et 1988 était assez impressionnant. Il s'est passé un truc. Pendant ce laps de temps, il y a vraiment eu une émission rock en France.

Quand la sortie est-elle prévue et quel en sera le contenu ?

Nous allons rééditer Sex machine. C'était une émission de funk avec James Brown, Prince, Madonna, Michael Jackson. Pour Noël, il y aura donc un double Dvd avec quatre heures de sketchs, de gags, de musique…

Un livre est également au programme des festivités…

Oui, il s'agit de la suite de Rock'n'Roll : la discothèque idéale : 101 disques qui ont changé le monde, paru chez Albin Michel en 2006. Ce livre d'art avait connu un succès colossal avec plus de 50 000 ventes. Dans cet ouvrage, je chroniquais 100 disques rock. Et raconter le rock en 100 disques peut paraître un peu léger. J'ai d'ailleurs eu beaucoup de plaintes - sympathiques - de gens frustrés qui avaient envie que l'on continue d'explorer cet âge d'or du rock (1965-1979)… et comme, Albin Michel, attendait depuis six ans ce deuxième volume, je me suis enfin décidé.

Au secours Marcel Proust ! Philippe Manœuvre est un garçon qui ne se déboutonne pas facilement même en vacances à Ajaccio. Sortons donc le bon vieux questionnaire, légèrement modifié pour la circonstance.

Votre devise ?

« Ni remords ni regrets ». Elle fait son office depuis toujours. Je suis un rocker. Depuis 1975, je travaille dans le rock. Tout ce que nous avons réalisé, nous l'avons fait avec tout notre cœur et à 110 %. Quand je vous dis que je vais venir à Ajaccio au mois de novembre voir des jeunes groupes, ça m'éclate, ça m'excite. Derrière ces groupes de gamins se cache peut-être la star de demain. Avant de participer à la Nouvelle Star, j'ai quand même organisé avec ma fille pendant trois ans, tous les vendredis au Gibus, les Rock'n'roll Friday. Le spectacle a une dimension sublime… J'adore ça.

Votre plus grande peur ?

Les méduses (grand éclat de rires). Plus sérieusement, c'est la fin du monde annoncée pour 2012. On attend tous ça avec impatience. S'il ne se passe rien en décembre 2012, on sera déçus.

Vos héros ?

Ce sont tous des musiciens. Des rockeurs impérissables mais aussi des inconnus. C'est les bluesmen comme Muddy Waters ou Ike Turner. Des gens qui ont tout donné pour exercer leur métier dans des conditions extrêmement difficiles. Ils ont connu une Amérique ségrégationniste quand ils sévissaient en 1954 et 61. Il fallait qu'ils rentrent par les cuisines parce qu'ils étaient noirs. Et ces gars ont trouvé la force de donner de la joie, de raconter leurs tourments…

La faute pour laquelle vous avez le moins d'indulgence ?

La fausse note (rires). Je déteste les fausses notes au même titre que Yarol Poupaud, le guitariste du groupe FFF. Quand nous étions au Gibus, il n'hésitait d'ailleurs pas à monter sur scène pour raccorder les guitares des gamins. Car quand ça joue juste tout devient possible.

La qualité que vous préférez chez un homme ?

La ponctualité. Je trouve que c'est l'une des dernières rares élégances.

Et chez une femme ?

J'aime bien les organisatrices, les réalisatrices. Bref, les femmes d'action. C'est ça l'événement de ces vingt dernières années. On voit les femmes surgir. Elles nous esbroufent, elles nous épatent.

Quel serait pour vous le plus grand accomplissement?

(Un temps de réflexion). J'ai eu la chance d'en vivre pas mal ces dernières années. Mais le plus intense reste l'organisation du premier concert des Stooges au Bol d'Or en 2003. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir tenir un pareil rôle dans l'histoire de la musique en France. On pensait ce groupe définitivement détruit. Pendant vingt ans, on a dit à Iggy dansRock & Folk et ailleurs que ce serait bien d'essayer de le remonter. Et un jour il l'a fait. Ça a dépassé nos espérances. Et d'avoir la responsabilité de les conduire au Bol d'Or devant 50 000 motards en folie, c'était tout simplement hallucinant.Et huit ans plus tard, ça continue Ils sont venus dernièrement à Patrimonio. Des amis m'en ont parlé sur la plage, les larmes aux yeux. Ils ont vu les Stooges en Corse. En tant que critique musical avoir aidé au retour d'un phénomène musical, c'est réellement génial.

Votre occupation préférée ?

Écouter des disques, de la musique. Ça va faire monomaniaque mais j'adore écouter des vinyles.

Le dernier fou rire ?

C'est difficile parce que nous en avons tous les jours à la plage. C'est pour cela que nous venons nous relaxer ici.

Qu'est-ce que vous possédez de plus précieux ?

Ma fiancée. J'allais dire ma chaîne stéréo. (Il s'interroge) On ne possède pas les gens. Qu'est ce que je possède de plus précieux? Oui, ma chaîne et mes disques. Chacun de mes vinyles me rappelle un lieu, un moment… C'est merveilleux, parce que ça dort. Et dès que l'on met un disque sur la platine tout se réactive...

Que changeriez-vous à votre physique ?

(Long sifflement). J'aimerais bien avoir les yeux bleus (éclat de rire).

Vos qualités ?

Non... Là je ne peux pas répondre. J'en suis incapable.

Des défauts ?

J'essaye de les corriger au maximum. Des fois, je regarde ces sketches... Je suis effaré de me voir. Les coupes de cheveux, les lunettes, les chemises boutonnées jusqu'au col.

Vous continuez également de promouvoir la jeune scène française ?

Évidemment. Je dois revenir à Ajaccio au mois de novembre avec le club Gibus qui organise le festival rock interécoles dans toutes les villes de France. Nous avions fait avec Rock&Folk un festival au Gibus où nous « défrichions » les groupes parisiens et de la banlieue. Ça avait été colossal. Les BB Brunes sortaient d'ailleurs de ce mouvement. Depuis, le Gibus tourne en province, à Lyon, Poitiers, Marseille pour écouter les groupes locaux. Une présélection est faite puis une dizaine de groupes se retrouve à Paris. L'an dernier, j'ai présenté la finale dans un Olympia comble. Et donc cette année, je suis invité à Ajaccio car les organisateurs savent que c'est une ville qui me tient particulièrement à cœur.

Paul : le quizz du cinéphile de Philippe Manoeuvre

Philippe Manoeuvre répond au quizz du cinéphile dans excessif ...

Une histoire d'amour : Frankenstein. A mon sens, l'une des plus belles histoires d'amour au cinéma. La version en noir et blanc avec Boris Karloff est clairement la meilleure. On n'a jamais fait mieux.

Un acteur : Clint Eastwood.

Une actrice : Oh la la, aujourd'hui ? Une actrice ? Pfiou, je dirais Sigourney Weaver. Elle apparaît dans Paul. C'est Ze big actrice. On la retrouve dans Alien où elle a inventé la fille dure, violente, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle a réussi à en faire quatre épisodes, elle a aussi été dans S.O.S. Fantômes, dans Le Village, de Shyamalan. A l'arrivée, elle joue quand même dans Avatar. C'est vraiment la grande actrice de science-fiction par excellence. Heureusement qu'elle a été là ces trente dernières années.

Un début de film : J'aime beaucoup Risky Business. L'un des premiers films de Tom Cruise où il portait des lunettes. Je me souviens d'une scène de danse invraisemblable. La première phrase du film, c'est « le rêve est toujours le même ». Et on voit la caméra qui s'approche d'une porte de salle de bains. C'est un début de film fascinant.

Une fin du film : The Doors (il se marre).

Un coup de théâtre : Mad Max 2. Cette scène où Mel Gibson siffle et dit : «Oh, les mecs, à deux jours de marche d'ici, j'ai vu un camion, je peux tous vous emmener » (il se marre). C'est le rebondissement de taille. Et après, ça part dans la continuité du récit. Ça, c'est un sacré basculement.

Un film qui vous fait mourir de rire : Calmos.

Un film malade : Je redis Calmos...

Un film qui vous a choqué : Non, y en a pas... Enfin, si, il y a un certain nombre de films français. Je suis désolé, hein. Mais je comprends pas bien le pourquoi de ces éternelles histoires de cocu. Depuis Peau d'âne, le cinéma français part à vau-l'eau. Cela étant, j'aime bien Bertrand Blier, j'aime bien Agnès Varda... Varda, grande cinéaste.Les plages d'Agnès, qu'elle a sortie il y a quelques années. C'était superbe. Depuis Cléo de 5 à 7, je la surveille et je n'ai jamais été déçu.

Un film culte : Clerks. Franchement voilà, pour moi, quand j'ai vu ce film, je me suis dit : « Truffaut, pas mort ! ». Des dialogues à pisser de rire. Ça, pour moi, ça fait partie des grands moments cinématographiques.

Une bande-son : Easy Rider ! C'est l'exemple à battre.

Que pensez-vous de Electra Glide in Blue ?

Electra Glide in Blue raconte les histoires d'un flic en moto. J'étais moins touché que par notre ami Captain America. Et puis la bande-son. Roger McGuinn, The Band, The Birds... C'est un joli joli film. Sinon, un autre film qui a une sublime bande-son, c'est Woodstock. C'est même la plus belle bande-son de tous les temps ! Sinon, il y a quand même Quentin Tarantino qui fait un sacré effort de ce côté-là.

Propos recueillis par Romain Le Vern

 


 

Interview Corse-Matin

Rencontre avec Philippe Manoeuvre en vacances à Ajaccio

Avant une rentrée bien chargée, c'est à Ajaccio que Philippe Manoeuvre, a choisi de passer ses vacances d'été. Entre soirée de franches rigolades et parties de plages ensoleillées, Philippe Manoeuvre s'offre une pause dans la boutique Empire chez son amie Valérie Santarelli.

Lors de sa rencontre avec Corse-Matin, Phil'Man fait part de ses idées, ses envies, ses projets...

Retrouvez l'intégralité de son interview dans l'édition Corse-Matin de jeudi 25 août.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×