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Interview - Rencontre de Novembre 2011

Voici une interview récente de Philippe Manoeuvre :

Est-ce parce qu'il y avait une demande que vous avez rempilé pour un deuxième tome ?

 >> Le tome 1, c'était le produit de sept années de recherche. Tous les mois dans Rock & Folk, on mettait l'accent sur un disque. Au bout d'un certain temps, Albin Michel insiste et me dit que ça ferait un bouquin formidable. On l'a donc sorti et c'est devenu un best seller (plus de 50 000 exemplaires vendus, ndlr). À l'époque, j'étais peu médiatisé - c'était avant Nouvelle Star - et j'ai juste parlé trois minutes sur France 3 à midi.

Après, je suis parti faire le tour des Fnac. Beaucoup de gens m'envoyaient des mails pour réagir. Et en janvier dernier, l'éditeur est revenu vers moi en me disant : « On ne peut pas faire Noël sans vous ».

Pourquoi « Ziggy Stardust » de Bowie n'était-il pas présent dans le premier ?
>> Parce que j'avais mis Pin Ups. C'est là où il invente la nostalgie, cette notion de tribute. En 1973, il dit en quelque sorte : « C'était mieux il y a cinq ans ». Après, c'est devenu la norme du rock.

Vous a-t-on reproché d'autres oublis ?
>> Il y avait une bagarre au bureau de Rock & Folk à cause des Kinks. U2 n'était pas dans le premier mais c'était un peu sarcastique. U2 est dans un rôle pas facile, un peu le même que Coldplay aujourd'hui. Ce sont les plus gros vendeurs dans un mouvement de rebelles.

Sur quels critères vous êtes-vous basé ?
>> Je le compose comme un cuisinier, comme un barman qui compose son cocktail. Je mets un certain nombre de disques que les gens trouveront indispensables et les autres autour ce sont mes pistes que je leur donne : Syd Barret, Gene Clark... Tout le monde ne les connaît pas ou plus. Basement 5, c'est un disque incroyable qui invente le métal, le dub, le reggae-punk.

À chaque fois, vous revenez sur la genèse du disque, le contexte de l'époque...
>> Je suis comme les templiers gardant Jérusalem. Je reste seul dans le fort, là-haut avec mon arc et mes flèches (rires). Je me dis que les gens n'ont pas besoin de mes impressions. Chaque enregistrement a son histoire. Ce sont des aventures créatives, ce sont des jeunes mecs au sang bouillonnant.

Votre démarche est-elle une sorte de devoir de mémoire du rock ?
>> Exactement. Si on fait le bilan, qui s'est le plus marré ? Ce sont les rockeurs. Ils font le tour du monde, les filles leur courent après.

Et vous, vous êtes-vous amusé ?
>> J'ai vécu quelque chose de formidable. Quand vous arrivez à 22 ans à Rock & Folk et que votre première interview c'est Johnny Winter ou que vous accompagnez les Clash sur la tournée London Calling, il y a de quoi se pincer.

Le livre s'ouvre sur Dylan (« The Freewheelin » en 1963). Est-il encore dans le coup ?
>> A Bercy, il n'était pas du tout en voix. Après, il y a encore des éclairs. On l'aime profondément, c'est notre barde. Dylan a greffé un cerveau sur un corps fou qui courait partout comme le monstre de Frankenstein. Le premier volume commençait avec Elvis Presley, celui-ci avec Dylan. Cela semble une évidence.

« Jerry Lewis at the Star Club » est-il le plus grand disque en public de tous les temps ?
>> Beaucoup de gens le considèrent comme tel. C'est comme si un camion de 30 tonnes rentrait chez vous. En tout cas, c'est un témoignage sur les amphétamines (rires).

Jimi Hendrix, le premier à réussir la fusion entre le blues, le psychédélisme et le funk ?
>> La sortie du 45 tours Hey Joe est un séisme. Et pas parce que Johnny Hallyday va en faire une version française (rires). Après ça, tous les guitaristes se sont acheté une pédale wah-wah. Hendrix, c'est un mec qui écoutait la guitare, il la laissait partir presque tout seul. C'était un showman.

Aretha Franklin avait-elle une descendante avec Amy Winehouse ?
>> Aretha, c'est un château unique. Il a fallu attendre longtemps pour revoir une chanteuse de ce calibre. C'est la grande voix du XXe siècle. Amy, c'était peut-être la suivante.
Mais ce sont des gamins carbonisés, le club des 27. Personne ne pouvait rien pour elle.

« Abbey Road » des Beatles, presque une obligation ?
>> Patrick Eudeline m'a engueulé lors du premier volume parce que j'avais mis l'album blanc. Cet album, c'est le sursaut créatif. Un chef-d'oeuvre, le dernier de l'aventure. Il y a le final avec les trois solos de guitare : Paul, Georges, John. Ce sont les adieux.

Pourquoi des réserves sur Queen ?
>> Les gens disent que les critiques rock n'aiment pas Queen. Donc j'ai ouvert le dossier. Et quand on regarde, ce n'est pas terrible. C'est le seul groupe qui a été joué pour l'Apartheid. C'est aussi un rock assez pompier.

Que vous inspire le rock aujourd'hui ?
>> Il y a des mecs qui ne nous laisseront pas tomber : Thom Yorke (Radiohead, ndlr), Alex Turner (Arctic Monkeys, ndlr), Jack White (The White Stripes, ndlr), Peter Doherty. Il reste aussi quelques grands anciens comme Paul McCartney. D'ailleurs, tout le monde veut aller le voir le 30 novembre à Bercy. Le rock ne va pas mal du tout mais la société, elle, n'est pas très en forme. Ce n'est donc plus le même monde.

« Sex Machine », émission que vous animiez, sort dans les bacs. De bons souvenirs ?
>> Une aventure rock'n'roll avec Jean-Pierre Dionnet. De 83 à 85, c'était un succès colossal. Après, soyons modestes, c'est une époque où il y avait seulement trois chaînes en France. Mais on est arrivés avec un truc très gonflé, presque perspicace (rires).w « La discothèque rock idéale : tome 2 ». 

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY  - http://www.nordeclair.fr/

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